Le chantier de Sabart : où en est-on ?

Le chantier de Sabart : où en est-on ?

Depuis 2015, EDF Hydro Aude-Ariège prépare le remplacement des conduites forcées de Sabart et les opérations de grande maintenance de tout son système hydraulique. Le chantier de Sabart comporte une dizaine de chantiers sur Tarascon-sur-Ariège et la Vallée du Vicdessos. Ce programme de travaux fait suite au chantier de remplacement des conduites forcées d’Aston finalisé en 2017.

Retour sur l’avancement du chantier de remplacement des conduites forcées de Sabart.

Après avoir fait un état des lieux environnemental et mis en place des actions pour préserver la faune et la flore présentes sur place, les travaux préparatoires ont pu commencer à l’automne 2017 avec l’installation de la base vie du chantier. Rapidement, se sont enchaînés les travaux de mise en place des échafaudages, du blondin et de l’ascenseur. Mi-septembre 2018, tout était prêt pour la dépose des conduites forcées de Sabart.

Ces conduites forcées, centenaires, étaient encore en état de fonctionnement mais présentaient quelques fragilités, liées à leur vetusté, qu’il convenait de traiter. Cependant, la technologie de ce type d’ouvrage ayant évolué, EDF Hydro Aude-Ariège a préféré privilégier un remplacement total des conduites et profiter de l’arrêt de production induit pour faire d’autres travaux de grande maintenance et de modernisation. Si, pendant tous les travaux relatifs au chantier de Sabart, la production de l’usine est à l’arrêt, la fourniture en électricité de la région n’est pas impactée.

Ainsi, en septembre 2018, à la suite des travaux préparatoires, le Groupement Momentané d’Entreprise EIFFAGE RESIREP SAVCO LASSARAT sous le contrôle des équipes d’EDF Hydro Aude-Ariège a commencé la dépose de toutes les conduites en commençant par les cheminées d’équilibre.

À l’aide du blondin (téléphérique porteur de charges lourdes pouvant transporter jusqu’à 8000 kg) la dépose de tout le linéaire des conduites, soit 2 fois 317 mètres, s’est terminée le 9 novembre.

Tout au long du chantier, l’échafaudage s’adaptera au gré des évolutions des tâches de travail. A court terme, ce sont les pilettes (élément fixé au terrain ou à la paroi pour soutenir la conduite), qui sont en cours de rénovation pour poser ensuite les nouveaux tuyaux de la conduite forcée.

Au programme de l’année 2019, tout d’abord le tubage des 3 massifs et la rénovation des pilettes. Ceci permettra la pose des nouvelles conduites forcées en début d’été 2019. Dans les ateliers mécaniques de SAVCO, les nouvelles conduites ont déjà été fabriquées. Elles sont actuellement chez LASSARAT à Pau pour être peintes en atelier (actuellement, 30% sont déjà peintes) avant d’être posées à l’été 2019.

Sur le chantier depuis janvier, les tuyaux ont été mis en place sur le premier massif dans une phase dite « d’accostage ». Il ne reste plus qu’à les souder.



Durant tous les travaux relatifs au chantier de Sabart, la fourniture en électricité n’est pas impactée.

Retour sur ces moments forts avec le témoignage de Benjamin Sarlabous, Agent Technique Mécanique EDF :

Cette opération de dépose des conduites forcées a été très bien maîtrisée par RESIREP SAVCO LASSARAT avec beaucoup de sérénité dans les manutentions. C’est le fruit d’une préparation bien en amont, avec la production de Modes Opératoires, permettant de se projeter sur la manière de faire et d’identifier tous les risques. Il y a eu de plus une très bonne coordination entre les compagnons des différents corps de métier, échafaudeurs, cordistes, soudeurs. Pour les manutentions, un rôle précis a été attribué à chacun, avec les élingueurs, les chefs de manœuvres au point de départ et d’arrivée en lien avec Corinne, le pilote du blondin.

> Combien de personnes ont œuvré sur cette étape, sur quelle durée ?

Pour cette phase de dépose des conduites, environ 7 à 8 personnes en moyenne ont œuvré. L’opération a débuté dès les conduites vidangées, le 18 septembre, pour s’achever le 9 novembre, soit un peu moins de 2 mois.

> Combien de viroles ont été déposées ?

En tout, 2 fois 250 m de linéaire de conduites ont été déposées pour un poids total de 290 tonnes. Le nombre d’éléments manutention est de 72, de tailles très différentes selon la géométrie (coude ou partie droite) et la localisation sur le profil. En effet, les épaisseurs vont croissantes du haut vers le bas du fait de la nécessaire tenue à la pression (22 bar en pied de chute). Les tuyaux du haut, les plus longs, ont présenté une longueur de 12 m. Ceux du bas, plus court, une longueur de 6 m. C’est la géométrie du profil et la Capacité Maximale Utile du blondin de 8 tonnes qui conditionnent la longueur des tuyaux déposés.

> Des techniques particulières ont-elles été employées pour cette opération ? Quelle importance représente le blondin ?

Pour découper les conduites, on utilise la technique de l’oxycoupage. Le personnel a été protégé par des combinaisons spéciales vis-à-vis du risque de matières cancérogènes, mutagènes et toxiques dans la peinture, ainsi que du risque amiante présent sur les faces appuyant sur les appuis. Le blondin est un blondin spécial, avec 2 câbles porteurs et une poutre de manutention. Il fonctionne comme un pont roulant tout le long du profil et permet de couvrir toutes les zones nécessitant une manutention.

> Quelles ont été les difficultés sur cette opération. Qu’est-ce qui a bien fonctionné ?

Cette opération de dépose nécessite une vigilance de tous les instants. Il convient de s’assurer que les tuyaux lors de la manutention ne percutent pas les échafaudages. Ce sont la dépose des reniflards (cheminée d’équilibre) et les tronçons pratiquement verticaux qui se sont avérés les opérations les plus périlleuses.

> Avez-vous une anecdote sur cette étape ?

En octobre 2018, EDF Hydro Aude-Ariège a créé un événement avec les élus locaux pour leur montrer la dépose des premiers tuyaux de ces conduites centenaires et rendre hommage à ceux qui les avaient construites. Ce devait être, pour la présentation, une dépose factice (il s’agissait de réutiliser un tuyau déposé). Mais comme nous étions en retard, ce fut une dépose en réel avec découpe, élingage, manœuvre et manutention vers la zone de stockage du bas. Ce qui devait être factice fut réel !

> Le chef de projet est-il satisfait de cette première étape ?

Oui, cette opération de dépose a été préparée avec toute l’analyse nécessaire et s’est déroulée sans incident. Elle s’achève avec 15 jours d’avance par rapport au planning initial.

> Quelle est la suite du chantier ?

La suite du chantier se poursuit par des activités du domaine génie-civil avec la rénovation des pilettes (appui des conduites), et en parallèle, le tubage du massif M7.



2019 constitue donc une année charnière pour le chantier de Sabart, où les travaux connaissent une avancée conséquente. La clôture des chantiers est prévue pour l’été 2020.

Le chantier de Sabart : où en est-on ?

© EDF

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© EDF

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